NAILA et KHALIL ADIL - "INFATIGABLES GUERRIERS"
- sytounmcef
- 8 mai
- 4 min de lecture
Continuer d’avancer.
Il le faut.
Abandonner n’est pas une option.
Nous ne nous reposerons qu’une fois morts.
La pause est terminée.
La troupe se remet en marche. La troupe des hommes qui ne veulent pas abandonner.
D’infatigables guerriers.
Face à eux s’étend un désert sans fin. À l’horizon se dressent de vastes étendues de terres désolées.
Aucun signe de vie.
Autant de végétation que d’honneur chez les électoralistes. Pas même un cactus. Des ossements jonchent le sol. Une odeur nauséabonde témoignant la présence des cadavres de ceux qui n’ont pas été assez fort pour résister à cette terrible traversée.
Cette lutte, il faut la remporter. Sa dureté est qu’elle est contre nous-mêmes. Beaucoup n’en peuvent plus. Voilà des jours et des jours qu’ils avancent dans ce paysage de mort sans n’en voir aucune issue, aucun début de lueur d’espoir.
Beaucoup d’infatigables guerriers commencent à flancher.
L’un est tombé. Il n’en pouvait plus. Loyaux, ses camarades l’ont chargé sur un brancard de fortune construit à base de bois et lianes et ont commencé à le transporter car abandonner un ami n’est pas une option. Non. Pas chez nous. Nous nous en sortirons tous ensemble ou nous périrons tous ensemble mais il n’y aura pas le lourd poids de la trahison sur nos consciences. Entraide et loyauté sont sacrés chez les infatigables guerriers.
Infatigables guerriers perdus dans chaos ineffable
Noir d’anxiété de tristesse de vil ennui inénarrable
Fatigués harassés au bord de triste sort inextricable
Animés par foi et courage pour demeurer inarrêtables
Toutes les valeurs qui font d’eux des guerriers infatigables
Infatigables guerriers perdus dans chaos ineffable
Guerriers infatigables de l’espoir dans un monde insupportable
Avançant toujours plus loin contre barrières infranchissables
Brillant tels des pépites d’or dans l’obscurité impénétrable
Lumière de la résistance à l’ère d’une terreur innommable
Espérance en des jours meilleurs d’une valeur inestimable
S’ils survivent ou périssent leurs noms resteront Guerriers Infatigables
Nouvelle nuit.
Nouvelle pause pour nos infatigables guerriers.
L’un repense à ses erreurs. Il a commencé le combat trop jeune, éprouvé et révolté par l’injustice mais surtout par la trahison et l’indifférence de ceux qu’il a aimé. Il a été trop vite. Il n’a pas voulu attendre. Ça lui a coûté des cicatrices mais surtout de lourds regrets. À présent, il donnerait tout l’or du monde pour pouvoir remonter le temps et agir avec la maturité qu’il a aujourd’hui. Ses camarades plus expérimentés le regardent avec un air bienveillant. On a tendance à se serrer les coudes chez les infatigables guerriers. Ils tentent de le réconforter, de lui dire que tout le monde fait des erreurs, que sans elles il ne serait jamais devenu l’homme qu’il est maintenant, que rien ne sert de se lamenter sur hier car aujourd’hui c’est pour construire demain qu’il nous reste un léger pouvoir. Il les écoute avec respect, une autre valeur sacrée chez les infatigables guerriers. Il sait qu’ils ont raison. Mais son cœur n’arrive pas à se pardonner pour autant. Il y a des blessures que nous sommes condamnés à garder à vie, mais dans le fond le regret est bon signe : il prouve que malgré nos méchancetés, nous conservons encore une part d’humanité.
Guerriers infatigables aux grands cœurs emplis de bonté
Unis pour le meilleur et le pire dans l’honneur et la loyauté
Errant toujours dans ce chaos ineffable noir d’anxiété
Ressentent peur et angoisse car ils demeurent de l’humanité
Restent soudés pour espérer venir à bout de la traversée
Infatigables guerriers de l’espoir dans un monde inhospitalier
Ennemis de leurs propres égos et du désespoir trop souvent invité
Recommencent une nouvelle journée de lutte face à l’adversité
S’ils survivent ou périssent leurs noms resteront Infatigables Guerriers
Nouvelle nuit dans les terres arides.
Aucune amélioration.
Toujours aucun signe de vie.
Aucune âme dans ce chaos à part ces étranges voyageurs.
L’infatigable guerrier rongé de remords monte la garde, tandis que ses camarades s’endorment. Avec tristesse il regarde au loin. Il ne voit que la nuit noire et ne ressent que le souffle glacial du vent s’abattre sur ses joues avec la violence d’une trahison. Il ne peut empêcher une larme de couler. Ici, personne ne le verra. Soudain, une main se glisse dans la sienne. C’est le plus jeune de ses camarades, qui ne peut trouver le sommeil. Lui aussi semble souffrir de regrets. Le regard des deux hommes se croise. Ils se comprennent instantanément. Le plus grand voit un petit frère. Le plus jeune voit un grand frère. Pourtant ils ne sont pas de la même mère, ni du même père. C’est la lutte qui les a rapprochés. Les deux sont des blessés de la vie. Les deux sont des épris de justice quitte à en devenir des repris de justice. Les deux sont prêts à se faire démembrer pour être sûrs de ne jamais baisser les bras. Ce lien est encore plus fort que celui du sang. Ils se serrent alors dans les bras en laissant chacun couler une larme. Là où ils sont, ils peuvent se le permettre. Personne ne les verra. Et si un des camarades endormi s’éveille et les surprend, il se joindra alors à eux car les infatigables guerriers savent qu’ils n’ont pas le droit de pleurer, mais tous le font secrètement dans l’intimité.
Amitié. Loyauté. Courage. Endurance. C’est de cela que sont constitués les infatigables guerriers.




